LE MOT DU PRESIDENT

Publié le par Guy Lacqua

                 L’Association des Français Résidents de Nouvelle-Calédonie a été  créée  pour tenter de freiner certains comportements xénophobes dirigés contre des compatriotes, volontairement entretenus  par des structures syndicales ou politiques et parfois relayés avec un manquement à la déontologie par certains médias locaux.

                 Le respect et la considération des Français de toutes origines confondues qui ont choisi de s’établir en Nouvelle-Calédonie devenaient une évidence absolue.  L’engagement de quelques uns  d’entre nous, souhaitant  prendre leur place et rien que leur place, dans la plus stricte légalité sur l’échiquier calédonien, devenait indispensable.

                 L’AFRNC n’aurait certainement pas eu lieu d’exister en octobre 2004 si,  d’une part :

Les  gouvernants du territoire n’avaient pas eu la malencontreuse idée d’exclure du champ d’application de la prime au passage aérien accordée par l’Etat, les « résidents français de Nouvelle-Calédonie ne pouvant justifier de dix ans de présence sur le territoire. »

et d’autre part :

                 Si des propos de plus en plus insultants envers les « Zoreilles » tenus en public ne se multipliaient sans la moindre réserve dans la presse locale où sur certaines tribunes syndicales. 

                 Pour les fondateurs de l’association, cette mesure sélective et ces attitudes répréhensibles ont été les éléments déclencheurs d’une réaction utile et nécessaire. Le besoin de contrer les tentatives de discriminations nous est apparu évident. Après les écrits à la limite du supportable envers  la frange  de la population calédonienne qualifiée sociologiquement « d'immigrants,» voici venu le temps de l’exclusion.

                 L’AFRNC a, depuis sa création, affirmé sa neutralité dans le jeu politique local, mais pour autant, il lui est apparu indispensable de réagir pour marteler des évidences qu’elle pensait acquises  pour tout citoyen sur un territoire de la République. Sans contester les règles prescrites dans  « l’Accord de Nouméa », nous avons été obligés de dénoncer auprès des élus les réelles dérives qu’entraînent l’application sans discernement de ce texte.

                 Ses craintes se sont malheureusement concrétisées à de multiples reprises, tant sur le plan individuel que général. L’AFRNC a obtenu des résultats notamment à la suite d’un recours déposé devant la justice administrative. L’attribution de la prime à la continuité territoriale a été généralisée à tous les résidents installés depuis plus d’un an sur le territoire. Dans le domaine de l’accès à la fonction publique territoriale, alors que le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie préparait une « loi du pays » excluant totalement les non-citoyens calédoniens des concours de catégorie B,C,D, nous sommes intervenus vigoureusement auprès des élus et de l’Etat pour dénoncer ces interdictions contraires à l’emploi dans la fonction publique. Le Conseil d'État nous a en partie donné raison.

                 Dans l’actualité immédiate l’association s’implique dans le débat sensible du corps électoral aux assemblées de province et du congrès de la  Nouvelle-Calédonie. L’AFRNC se bat pour que l’Accord de Nouméa soit respecté dans sa totalité. C’est pour cette raison que nous refusons la future modification de l’article 77 de la Constitution visant à figer le corps électoral calédonien à la date du  8 novembre 1998.  Le gel du corps électoral  (voir la plaquette distribuée par le service d’information de l’Etat avant le référendum intitulé, l’Accord de Nouméa, dix questions, dix réponses) n’a jamais été envisagé lors de sa signature. Si les principes républicains venaient à être bafoués, privant définitivement du droit de vote plus de 15000 citoyens français installés durablement sur le territoire et également des calédoniens de souche, alors, il y a fort à parier que les atteintes à l’égalité  se multiplieront dans la plus parfaite indifférence.

                 Ironie du moment, de nombreux élus de la Nation qui vont sans état d’âme entériner cette modification constitutionnelle, sont disposés à accorder aux étrangers installés en métropole depuis au moins dix ans le droit de participer aux élections locales.

                 Avec et pour les adhérents de l’association (toutes ethnies confondues) demeurant sur ce territoire de la République Française, je m’engage à poursuivre  ce combat démocratique et à faire en sorte que notre action s’inscrive dans la recherche et le respect des valeurs d’égalité et de fraternité. 

Publicité

Publié dans afrnc

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article