LAFRNC sinvite au cocktail-débat du député François BAYROU
Au cours de sa visite sur le territoire, le député des Pyrénées Atlantiques François BAYROU, futur candidat à l’élection Présidentielle, à invité le public à participer à un « cocktail-débat » le jeudi 2 novembre au restaurant « le Bout du Monde » à Nouméa.
Le président de l’ « Association des Français Résidents de Nouvelle-Calédonie» a profité de cette occasion pour interpeller le futur candidat à l’investiture suprême sur la révision constitutionnelle visant à geler le corps électoral aux élections des assemblées de province et du Congrès de la Nouvelle-Calédonie.
Le représentant de l’AFRNC interpellant Monsieur BAYROU sur la position arrêtée par le groupe UDF de figer le corps électoral, a obtenu une réponse qui a au moins le mérite d’être claire.
Le député a confirmé que les groupes UDF de l’assemblée Nationale et du Sénat voteront la révision constitutionnelle débouchant sur le gel du corps électoral. Dans une longue intervention sur cette question, François BAYROU a tenté de justifier la position de son parti en utilisant une argumentation peu convaincante, agitant notamment le spectre de la violence si l’exigence des indépendantistes n’était pas clairement satisfaite. Et de continuer en affirmant que les Calédoniens ont été trompés par les hommes politiques de ce pays qui ont fait croire que le corps électoral était glissant, alors qu’en réalité les signataires se seraient discrètement arrangés pour le figer en dehors de toute concertation avec le peuple calédonien. L’orateur, de prétendre que les scrutins locaux de 2009 et de 2014 étaient en réalité d’importance mineure et ne concernaient que 3000 citoyens privés provisoirement du droit de vote et que ces derniers retrouveraient in fine en 2014 une situation normalisée. Le député des Pyrénées Atlantiques, dans sa démonstration, a fait preuve d’une méconnaissance flagrante du contenu de l’accord de Nouméa et plus particulièrement de la partie traitant du corps électoral des élections provinciales et du congrès de la Nouvelle-Calédonie. Les contre-vérités affirmées, à la limite de la démagogie, engagent la responsabilité de leur auteur.
Quant à monsieur Didier LEROUX, qui prétend construire un pays où toutes les ethnies pourront vivre dans la paix et dans l’égalité, sans jamais prendre ouvertement position sur le corps électoral, a visiblement approuvé sans réserve les affirmations de son leader politique. Cette attitude prouve que le représentant de l’UDF sur le territoire est, lui aussi, favorable à un corps électoral figé.
Dans une deuxième intervention contradictoire, le représentant de l’AFRNC a apporté les précisions qui, semble-t-il, ont échappé au député UDF :
-L’AFRNC affirme que le corps électoral pour les élections des assemblées de province et du congrès, tel qu’il est prévu à l’article 188 de la loi organique du 29 mars 1999 faisant suite à « l’Accord de Nouméa » est glissant, puisqu’il stipule dans son deuxième paragraphe que pour être électeur : « il faut être inscrit sur le tableau annexe et domicilié depuis 10 ans en Nouvelle-Calédonie à la date de l’élection au congrès ou aux assemblées de province.»
A l’issue du débat, le représentant de l’AFRNC a poursuivi une discussion intense avec Jean Christophe LAGARDE député UDF qui accompagnait François BAYROU dans son voyage sur le territoire.
L’association a voulu mettre en garde l’élu de Seine Saint-Denis sur les conséquences graves de la révision du corps électoral.
Enfin, l’AFRNC affirme que ce texte, approuvé par 72% des électeurs calédoniens, ne doit pas être modifié. Prétendre, comme l’ont fait à plusieurs reprises messieurs BAYROU et Jean Christophe LAGARDE « qu’un accord est un accord et qu’il ne faut pas le changer » puis, dans le même élan, proclamer « être prêts à voter la modification de la loi constitutionnelle pour geler le corps électoral » c'est-à-dire toucher au contenu de l’accord, est une contradiction évidente. Ce comportement incompréhensible de la part de représentants du peuple français est de nature à semer le trouble dans l’esprit des citoyens français de Nouvelle-Calédonie.
-L’AFRNC affirme que ce sont 14037 électeurs qui, de source officielle (1) sont privés du droit de vote à la date du 16 avril 2006. Cette liste va mécaniquement s’enrichir de futurs électeurs qui s’inscriront d’ici à la fin de l’année pour participer aux futures élections présidentielles et législatives.
-L’AFRNC affirme que le gel du corps électoral aura pour conséquence de priver à titre définitif plusieurs milliers de français, toutes origines confondues, dont notamment, certains enfants de ce pays de l’acquisition de la citoyenneté calédonienne.
-L’AFRNC poursuivra son action et invite tous ceux qui désirent dénoncer le projet de révision de la loi constitutionnelle à se joindre à elle, afin que les élus de la Nation prennent conscience de la gravité de leur choix.
Le bureau de l’AFRNC.
(1) Source INSEE de Nouvelle-Calédonie.