Les dérapages verbaux du leader de la Confédération Syndicale des travailleurs de Nouvelle-Calédonie
L’Association des Français Résidents de Nouvelle-Calédonie a, depuis sa création, tenu à dénoncer une lecture pour le moins restrictive de l’accord de Nouméa et émis certaines réserves quant à l’éventualité d’interprétations subjectives de ce texte pouvant déboucher sur des dérives inacceptables.
Dans un tract appelant à la grève générale illimitée à compter du 25 septembre, les propos de Sylvain NEA, leader de la CSTNC viennent confirmer nos craintes.
Nul ne peut contester à l’organisation dirigée par Monsieur NEA, le droit d’engager des actions dans le but d’obtenir satisfaction dans des domaines tels que l’emploi, les conditions de travail, la défense de l’environnement et du pouvoir d’achat.
Que le droit syndical et celui de faire grève inscrits notamment dans le préambule de la Constitution apportent une justification juridique à la mobilisation préconisée par les dirigeants de la CSTNC, est un fait incontestable. Par contre, il n’est pas inutile de rappeler à Monsieur NEA que la même constitution, stipule également : « Chacun a le devoir et le droit d’obtenir un emploi. Nul ne peut être lésé dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines de ses opinions ou de ses croyances. » Fin de citation.
Les arguments avancés pour accréditer une pseudo protection de l’emploi local, en exigeant des mesures pour endiguer la « venue massive des travailleurs étrangers comme les Polonais, les Philippins, les Australiens et les Zoreilles » sont susceptibles d’entraîner des comportements xénophobes à la limite du racisme et de nature à inciter à la discrimination, à la haine voire à la violence.
Prétendre construire un destin commun, alors que l’on classe les « métropolitains-Zoreilles » parmi les travailleurs étrangers ne laisse planer aucun doute sur la considération réservée à ces Français venus d’ailleurs et qui ne présenteraient pas les critères requis de la supposée citoyenneté calédonienne.
Les étrangers en situation régulière travaillant sur le territoire notamment les Philippins, mériteraient eux aussi, plus de compréhension et de respect. Stigmatiser tous ceux qui investissent sur le territoire par leur force de travail ou leurs compétences devraient inciter à un peu de retenue.
Le bureau de L’AFRNC