L’avenir du corps électoral

Publié le par afrnc

La campagne électorale pour  l’élection présidentielle et  les législatives va entrer dans les jours prochains dans une phase active. Pour s’en persuader, il suffit d’observer  tant en métropole que sur le territoire, la mise en place par les appareils politiques de tous bords de la mobilisation  des militants. La chasse aux électeurs est sur le point de trouver rapidement son rythme de croisière.

En Nouvelle-Calédonie comme dans l’hexagone, les mois à venir seront ponctués par les déclarations des différents partis politiques prompts à s’engager dans la bataille. Lors de sa visite sur le territoire le ministre de l’agriculture et de la pêche Dominique BUSSEREAU, n’a pas manqué l’occasion pour inciter les militants de l’UMP locale à l’union et à la mobilisation.

Lors de son intervention à la mairie de Nouméa le jeudi 28 août, le ministre interpellé par Pierre FROGIER député de la deuxième circonscription, sur le maintien d’un corps électoral glissant pour les assemblées de province et le congrès, s’est montré pour le moins très prudent. Répondant au député par ce qu’il faut bien qualifier d’une esquive, le ministre dans sa réponse a une fois encore défendu la position du Président de la République qui, lors de sa visite sur le territoire au mois de juillet 2003 avait promis aux élus indépendantistes de régler la question du corps électoral avant la fin de son mandant ( sans pour autant donner un sens à sa décision.)  La modification de l’article 77 de la constitution nécessite la convocation de l’Assemblée Nationale et du Sénat réunis en congrès à Versailles. Pour tous les citoyens fervents défenseurs du suffrage universel, la vigilance s’impose. En effet, même si cette  réunion du congrès n’est pas à l’ordre du jour, les déclarations du ministre ne sont pas convaincantes.

L’ASSOCIATION DES FRANÇAIS RESIDENTS DE NOUVELLE CALEDONIE, comme elle en avait fait la promesse à ses adhérents lors de la dernière assemblée générale qu’elle a tenue le 27 avril 2006, a dépêché l’un des membres du bureau à Paris où il a été chargé de déposer des lettres  aux 577 députés et aux 331 sénateurs pour les inciter à défendre le suffrage universel,  droit fondamental inscrit dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen et dans  la  Constitution de 1958.

Force est de constater qu’à ce jour, les élus de la nation sont peu nombreux à avoir répondu à notre sollicitation, seuls quelques députés et sénateurs (1,2%) ont daigné apporter leur soutien à notre démarche. Ce constat affligeant ne laisse rien augurer de probant pour les 15000 citoyens français établis durablement sur le territoire.

Certains tentent de se rassurer en considérant qu’à l’approche de consultations cruciales de l’année prochaine, les parlementaires ne feront pas le choix de débattre sur le corps électoral calédonien avant les élections.

Ces supputations ne doivent pas nous démobiliser. L’AFRNC et ses sympathisants ont dans leur statuts fait valoir leur droit à la dénonciation des discriminations de toutes sortes et considèrent que le gel du corps électoral visant à priver une partie importante de la population du territoire du droit et même du devoir de désigner les dirigeants du pays est un recul inadmissible de la démocratie. Ces élus sont pourtant habilités à utiliser  la  contribution fiscale non négligeable provenant des exclus  du droit de vote et de ce que l’on peut bien qualifier de sous-citoyens.

Avec la perspective d’institutionnaliser définitivement des discriminations, notamment en matière d’accès à l’emploi, la sous-citoyenneté française ou le droit de vote, la brèche pour d’autres atteintes fondamentales sera ouverte. Pour s’en persuader, il suffit d’observer  les récents agissements de certaines centrales  syndicales locales promptes à juguler le droit à la libre expression.  Actuellement, la menace de  blocage proférée par un syndicat à l’encontre de l’entreprise chargée d’imprimer l’hebdomadaire « les INFOS » dont le rédacteur en chef  a osé mettre en cause la « probité » d’un dirigeant syndical,  est la preuve que les entorses à la liberté du travail et d’expression  sont à craindre  et cela  dans  plus complète impunité.

Notre détermination reste entière et nous devons rester plus que jamais vigilants. La Nouvelle-Calédonie ne mérite pas un tel traitement, un pays qui affiche la volonté de construire un destin commun ne peut pas accepter de tels concepts discriminatoires. Notre association vous invite à poursuivre son action dans le plus strict respect de la légalité et en toute objectivité.

                                                             Le bureau de l’AFRNC        

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